Financer un point d’eau ne consiste pas seulement à payer un forage ou une pompe. Il faut savoir qui utilisera le service, qui autorise l’ouvrage, si la ressource reste disponible pendant la saison sèche, comment la qualité de l’eau sera contrôlée et qui réparera l’équipement. Au Burkina Faso, le programme public d’approvisionnement en eau potable vise un service durable, en quantité et en qualité : la préparation doit donc porter sur le service rendu, pas seulement sur la construction. [Source 2]

Un forage réalisé n’est pas automatiquement un point d’eau durable

Demandez les preuves du besoin, de la faisabilité, de la qualité de l’eau et de l’organisation future. Un devis de travaux ne remplace ni l’étude technique, ni l’accord des autorités compétentes, ni le budget d’entretien.

1. Qui demande le point d’eau, et pour quels usages ?

Commencez par une rencontre avec les personnes concernées et les responsables locaux. Les observations sur le terrain doivent être croisées avec des entretiens : distance parcourue, temps d’attente, sources déjà utilisées, périodes de panne ou de tarissement, qualité perçue et usages prévus. Le guide de suivi de la durabilité de l’UNICEF recommande justement d’associer observation, entretiens avec les ménages et échanges avec les responsables de gestion. [Source 5]

  • Combien de personnes utilisent actuellement chaque source, et à quelles saisons ?
  • L’eau servira-t-elle à la boisson, à l’école, au centre de santé, à l’élevage ou à plusieurs usages ?
  • Qui collecte l’eau aujourd’hui, à quelle distance et avec quelles difficultés ?
  • Les femmes, les personnes âgées et les personnes en situation de handicap ont-elles été consultées ?
  • Existe-t-il déjà un ouvrage à réhabiliter avant d’en construire un nouveau ?
Dessin au crayon : des habitants, un technicien et un représentant local examinent ensemble un plan et le terrain près d’une pompe.

2. Quelle autorité doit être associée avant de signer ?

Au Burkina Faso, la Direction générale des ressources en eau présente des procédures d’agrément technique destinées à vérifier la conformité des projets liés à l’eau. La réglementation nationale soumet aussi certains travaux ou prélèvements à autorisation ou à déclaration, selon leur nature. Avant tout engagement financier, demandez à la commune et aux services techniques compétents quelle procédure s’applique au projet précis, quels professionnels peuvent intervenir et quels documents doivent être remis. [Source 3] [Source 4]

Ne pas choisir la procédure à la place de l’administration

Les exigences varient selon le type d’ouvrage, le prélèvement, le terrain et le lieu. Faites confirmer par écrit le service compétent, les autorisations ou déclarations nécessaires et la personne qui sera responsable de l’ouvrage.

3. Quelle solution technique répond réellement au besoin ?

Une pompe manuelle, un forage solaire, une borne-fontaine ou la réhabilitation d’un ouvrage existant ne répondent pas aux mêmes besoins. L’étude doit couvrir la ressource disponible, les conditions hydrogéologiques, la saisonnalité, le débit attendu, l’énergie, le stockage, l’accessibilité, les risques environnementaux et sociaux, ainsi que l’évolution future des usages. L’UNICEF recommande d’examiner ensemble les facteurs techniques, sociaux, financiers, culturels et environnementaux. [Source 5]

  • Qui réalise l’étude hydrogéologique et comment son indépendance est-elle vérifiée ?
  • Quel débit est attendu, pendant quelle durée et pour combien d’usagers ?
  • Que se passe-t-il si le forage est négatif ou si le débit est insuffisant ?
  • Le système fonctionne-t-il pendant la saison sèche et en cas de panne d’énergie ?
  • Le site est-il accessible, sûr et protégé des contaminations et des inondations ?

4. Comment la qualité de l’eau sera-t-elle prouvée ?

L’apparence ou le goût de l’eau ne suffisent pas. Prévoyez des analyses par un service ou laboratoire compétent, avant la mise en service puis selon le programme de surveillance retenu. Les résultats doivent être comparés aux normes nationales applicables et conservés dans le dossier du projet. Le guide de l’UNICEF distingue la perception des usagers des mesures de qualité et recommande des tests ainsi que la vérification des standards nationaux. [Source 5]

5. Qui entretiendra l’ouvrage après l’inauguration ?

Le budget doit prévoir l’exploitation, les contrôles, les pièces de rechange, les déplacements du réparateur, l’énergie et les grosses réparations. Le guide UNICEF propose notamment de vérifier l’accès à des techniciens et à des pièces dans un délai défini par les standards nationaux. Avant de financer, identifiez donc l’exploitant, la personne qui tient les comptes, le circuit d’alerte et la règle de remplacement des responsables. [Source 5]

  • Qui ouvre, nettoie, surveille et signale les pannes ?
  • Quel réparateur est disponible, avec quelles pièces et dans quel délai ?
  • Quel montant annuel est prévu pour l’entretien courant et les réparations majeures ?
  • S’il existe une contribution des usagers, qui la fixe, l’encaisse et rend les comptes ?
  • Qui reçoit les manuels, garanties, résultats d’analyse et plans de l’ouvrage ?

6. Que disent les chiffres nationaux — et que ne disent-ils pas ?

L’annuaire statistique 2024 du ministère burkinabè, publié en juillet 2025 dans une version indiquée comme provisoire, fournit des repères nationaux. Ils ne remplacent pas une enquête dans le village ou le quartier concerné. Le taux d’accès mesure une population considérée comme desservie selon la définition nationale ; le taux de fonctionnalité décrit la part d’ouvrages fonctionnels lors de l’inventaire. Aucun de ces indicateurs ne prouve à lui seul qu’un site précis est bien desservi. [Source 1]

78,6 %

taux national d’accès à l’eau potable selon l’indicateur officiel burkinabè

Année 2024 ; annuaire publié en juillet 2025, version provisoire Burkina Faso

Source : MEEA — Annuaire statistique de l’eau et de l’assainissement 2024

89,9 %

des points d’eau modernes équipés de pompe recensés comme fonctionnels en milieu rural

Année 2024 ; inventaire national des ouvrages Burkina Faso, milieu rural

Source : MEEA/DGEP — Annuaire statistique 2024, tableau 3.27

88 %

taux de fonctionnalité des AEPS et postes d’eau autonomes

Année 2024 ; inventaire national des ouvrages Burkina Faso, milieu rural

Source : MEEA/DGEP — Annuaire statistique 2024

Accès à l’eau potable : deux contextes différents en 2024

Taux d’accès calculés selon la méthodologie nationale burkinabè pour les milieux rural et urbain.

Accès à l’eau potable : deux contextes différents en 2024 Taux d’accès calculés selon la méthodologie nationale burkinabè pour les milieux rural et urbain. 71,5 % de la population 91,76 % de la population Milieu rural Milieu urbain
Année 2024 ; annuaire publié en juillet 2025, version provisoire Burkina Faso

Le taux national officiel est de 71,5 % en milieu rural et de 91,76 % en milieu urbain en 2024. Cette comparaison décrit deux ensembles de population ; elle ne mesure pas la situation d’une commune, d’un village ni d’un point d’eau précis.

Voir les données du graphique
Données du graphique : Accès à l’eau potable : deux contextes différents en 2024
Taux d’accès
Milieu rural71,5 % de la population
Milieu urbain91,76 % de la population

Source : MEEA — Annuaire statistique de l’eau et de l’assainissement 2024

La fiche de décision avant financement

  1. Qui a formulé la demande et quand a-t-elle été confirmée avec les usagers ?
  2. Quel problème précis faut-il résoudre, pour quelle population et quels usages ?
  3. Un ouvrage existant peut-il être réparé ou mieux géré ?
  4. La commune et les services techniques ont-ils été saisis par écrit ?
  5. Quelles autorisations, déclarations ou validations techniques sont exigées ?
  6. Quelle étude confirme la ressource, le site, le débit et la solution retenue ?
  7. Comment la qualité de l’eau sera-t-elle analysée et suivie ?
  8. Quel est le budget complet : étude, travaux, contrôle, énergie, entretien et réparation ?
  9. Qui sera propriétaire, exploitant, comptable et responsable du suivi ?
  10. Quelles pièces et quelles compétences sont disponibles localement en cas de panne ?
  11. Quels documents seront remis à la communauté et à l’autorité locale ?
  12. À quelles dates vérifiera-t-on la fonctionnalité, l’usage, la qualité et les comptes ?
Le rôle de cette revue ICEV

Informations vérifiées le 29 octobre 2026. Cette fiche aide à préparer une décision et n’approuve aucun projet particulier. Elle n’annonce ni financement, ni forage, ni partenariat d’ICEV. La procédure exacte et les normes applicables doivent être confirmées auprès des autorités et services techniques compétents pour le lieu et l’ouvrage concernés.